10 276

027 – La conscience rationnelle

La conscience rationnelle est une re-présentation selon la dimension projective de l’expérience humaine. Se présente dans cette re-présentation l’ordonnancement des choses selon une séquence historique et projective. C’est le rapport entre les choses selon une trajectoire temporelle d’enchainement successif. Ce rapport dit de rationalité est simultanément spatial entre les choses et temporel dans leurs successions. La conscience rationnelle porte plus sur le rapport que sur les choses elles-mêmes. Celles-ci sont d’ailleurs envisagées comme autant de constructions rationnelles. Si l’ensemble apparait dans une cohérence existentielle c’est surtout le rapport, la rationalité qui est ici re-présentée. On notera en outre que cette conscience rationnelle, procède soit de façon rétrospective pour parcourir l’enchainement qui amène au présent et de façon prospective pour parcourir par anticipation l’enchainement qui amène aux situations futures. On notera que les deux sont établis dans le présent et ici celui de la re-présentation. L’intelligence rationnelle peut être dite historique ou rétrospective quand elle veut traduire les raisons du passé et stratégique ou prospective quand elle veut traduire les raisons à venir.

La conscience rationnelle de la réalité objective. Cette dimension de l’expérience première est par nature aléatoire. La représentation rationnelle pourra établir des corrélations entre des éléments et des groupes mais ses enchainements ne peuvent être que probabilistes. La rationalité ne peut être ni prédictive ni explicative. C’est pour cela qu’un Albert Einstein réagit à une physique quantique par cette formule «Dieu ne joue pas aux dés». On pourrait lui répondre «peut-être mais l’altérité est par définition aléatoire». Il s’agit bien de l’altérité humaine des conSensus. Le réductionnisme rationaliste insistera pour postuler des rationalités cachées pour expliquer les éléments, restant en difficulté quant à ses prédictions.

La conscience rationnelle de la réalité subjective. Cette dimension de l’expérience première assure la continuité temporelle et une cohérence significative. Sa représentation rationnelle s’y retrouve pour ce qui est des enchainements, une sorte de déterminisme logique qui apparait selon une intentionnalité donnée. Par contre les éléments qui s’ordonnent dans le temps peuvent lui échapper sans une conscience analytique. Une autre difficulté est celle du changement de logique ou d’intentionnalité qui échappe à toute rationalité tout en en étant un vecteur, le vecteur subjectif. La conscience rationnelle re-présentation de la dimension subjective en apercevra les lignes de cohérence ou logiques.  Le rationalisme réducteur voudrait que les intentions, les cohérences logiques soient les conséquences de l’ordre rationnel qui serait premier. Il s’oppose radicalement à l’autonomie humaine du sujet qu’il voudrait résulter d’une rationalité à priori. Pas de libre arbitre pour le réductionnisme rationaliste.

La conscience rationnelle de la réalité projective. Elle excelle ici à re-présenter la raison et les enchainements rationnels dans leur complexité spatiale et leur succession. Conscience historique et stratégique, rétrospective et prospective, la conscience rationnelle permet de se situer dans le cours de l’existence par la mémoire comme par les projets et ainsi envisager son développement et ses buts. Elle permet de «mettre en récit» la re-présentation du passé comme la re-présentation du futur. Par contre le réductionnisme rationaliste en fait le résultat d’une procédure rationnelle, d’une rationalité à priori plutôt que le fruit d’un processus humain.

La conscience rationnelle de la réalité sensible. La raison et l’émotion ne font pas bon ménage paraît-il. En fait c’est le réductionnisme rationaliste qui fait de la raison la cause première et qui voit dans la réalité sensible que confusion, irrationnel ou pré rationnel. La conscience rationnelle peut très bien re-présenter des continuités issues de l’intentionnalité subjective et des différences issues de la multiplicité objective. La conscience rationnelle peut reconstituer des enchaînements d’émotions, de sentiments et en traduire la genèse aussi bien qu’anticiper sur les enchaînements à venir. Elle aide à sortir des confusions éventuelles et situer cette composante de la réalité dans la perspective d’un devenir et non pas d’un archaïsme régressif fatal. L’évaluation sensible en est un bénéfice certain.

La conscience rationnelle de la réalité factuelle. Elle vient ré-présenter l’enchainement des opérations, des interactions, des causes opérantes. C’est la rationalité opérative qui est ici ré-présentée.  Elle viendra pour déconstruire des enchaînements antérieurs et construire des enchaînements postérieurs. Une compétence pratique va s’en nourrir. À contrario, le réductionnisme rationaliste pose l’enchainement des causes comme premier et donc toute action passe par l’application d’un enchaînement rationnel. On trouve alors des opérateurs aliénés aux procédures rationnelles qui s’imposent comme dans l’idéal machinique. Le rationalisme à produit une mécanisation de l’agir humain confondant la cause rationnelle et l’ordre opératif. Nous en sommes imprégnés.

La conscience rationnelle de la réalité formelle. L’ordre des formes intervient dans la construction de représentations mentales complexes. L’un des exemples est le langage dont la syntaxe ordonne la séquence du discours. Les constructions intellectuelles rationnelles sont dites alors spéculatives. Elles peuvent aussi bien intervenir dans la relecture rationnelle des discours ou productions mentales que dans leur construction. On voit bien qu’une certaine maîtrise des représentations mentales est le fait de la conscience rationnelle. Elle a permis en effet de vastes constructions intellectuelles, culturelles, langagières, réglementaires, des représentations du monde dont la ré-présentation rationnelle est d’un grand intérêt. Le réductionnisme vient alors pour dire que la raison et ses enchaînements sont la cause des formes et représentations mentales, des savoirs comme des discours. La raison prend la place du sujet qui s’en trouve dépossédé de son intentionnalité. Il n’est pas sur qu’un Kant ne l’ai pas aperçu. La représentation rationnelle est donc aussi bien un moyen qui facilite la compréhension et la construction de nos représentations mentales en même temps que le réductionnisme nous en fait les agents subalternes. Des structures institutionnelles en ont été le produit aliénant.

Share on Facebook
Share it on Viadeo
Share on LinkedIn
Post on Twitter
Google Buzz (aka. Google Reader)

Réagissez

*