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030 – La conscience mentale

La conscience mentale est la re-présentation formelle de l’expérience première. Dans la projection de l’intentionnalité se déploient les formes de l’existence. La conscience mentale ou conscience des formes est aussi ce qu’on appelle souvent conscience réflexive. A cette conscience appartiennent le savoir et le dire. Le langage y participe sous toutes ses formes mais aussi toutes les formes qui dessinent quelque réalité première et qui les re-présentent. Cette conscience nous pose de nombreux problèmes. Le premier c’est que dans une certaine période de l’histoire, la nôtre, elle a pu être assimilée à la conscience tout court. Si c’est un bienfait qui ne va pas de soi cette idéalisation va souvent avec une méconnaissance des autres modes de conscience en devenant celle de l’élite. C’est sur cette méprise et ce mépris que sa suprématie s’est fondée. La science, que l’on sait pouvoir être sans conscience, en est venue à sacraliser son savoir. Ainsi la représentation est devenue une sorte de double abstrait de la réalité, produit par abstraction, par réflexion, ignorant qu’elle est une présentation à nouveau, une re-présentation. Elle fait ainsi abstraction du sujet et en même temps des sources de l’expérience première c’est-à-dire l’être de l’homme, le Sens et le conSensus. Ils font de la réalité première une réalité d’expérience humaine et des re-présentations un renouvellement de l’expérience première et non pas une sorte de copie. La perte de vue d l’homme va avec la perte de vue du haut et du bas dans la présentation et la re-présentation. C’est la déviance réductionniste qui est ainsi prédominante à tel point que les représentations comme les mathématiques ou les «lois de la nature» sont devenues les causes de la réalité grâce à l’abstraction de sa source humaine, source de l’expérience source des mathématiques et de toutes les notions utilisées. Les re-présentations mentales y sont posées comme se tenant par elles-mêmes et soutenant le monde, la réalité et l’homme réduit à son existence. Une inversion comme tous les réductionismes. Un autre problème se greffe sur le fait de la perte de vue de la source tant de la réalité première d’expérience humaine que la réalité seconde qui en est une re-présentation. C’est que les re-présentations de re-présentations ayant perdu leur repère construisent des édifices où la réalité est confondue avec ces représentations. Par exemple on peut appeler idéologie cette croyance dans une réalité qui doit être déduite des formes idéelles qui sont en fait des re-présentations seconde et pas premières. Mieux des travaux scientifiques portent sur des représentations de représentations dont les critères de présence ont disparu et qui ont perdu de vue la réalité première et bien sur son humanité d’origine. De tels édifices de représentations multiplient une complexité en complications indéfinies. Seules des conventions collectives, identificatoires font que tel ou tel régime est posé comme réalité de référence. De ce fait pour tel groupe sa réalité est une construction mentale érigée en référence. Cette conscience devenue hors sol a perdu de vue celui qui la porte, l’homme lui-même qui se nie au travers de cette édification. Un célèbre «anthropologue» Levi Strauss, un des pères du structuralisme assigne aux sciences humaines la tâche de dissoudre la notion d’homme, ce qu’il nomme l’anti-humanisme théorique. On peut se demander quel bénéfice et quelle gloire des hommes peuvent trouver dans cette négation par effet de conscience et par cette épaisseur de représentations qui sont devenues autant de masques de l’humanité. Ce n’est pas une raison pour rejeter la conscience mentale ce que d’autres réductionnismes s’empressent de prôner. Ils se piègent par la prolifération de discours idéologiques de justification pour avoir raison renforçant ainsi la confusion. Mais c’est aussi de la confusion que peut naître la conscience reste à savoir comment et pourquoi ce que d’autres leçons développeront.

 

La conscience mentale des réalités formelles. Les réalités formelles sont ces formes de l’expérience première, projections du Sens en ConSensus. La conscience mentale, re-présentation de l’expérience première est constitué de formes, projections du même Sens en conSensus. La forme-conscience n’est pas la copie ou l’image ni le reflet à l’identique de la forme première mais une réactualisation du même Sens. C’est donc là que se situe la source de la ressemblance. Ainsi il ne s’agit pas de l’image de la forme de l’expérience première mais une ressemblance provenant d’une origine similaire. Ainsi par exemple des formes comme le cercle ou le carré ou tel ou tel modèle formel ne sont que de nouvelles actualisations des Sens et conSensus à l’origine de l’expérience première. On pourrait ainsi noter que la science peut être vue comme conscience mentale formelle d’une réalité première dont les formes ne lui sont pas superposables. Au lieu d’une sorte de duplication des formes c’est d’une re-présentation à partir des mêmes Sens en conSensus qu’il s’agit et qui constituent le lieu commun en soi et les Instances en conSensus. Une illustration est la traduction d’une langue dans une autre qui passe par une ré-expression du Sens de la première expression. Le réductionnisme cherche une rationalité directe entre les deux formes alors que le lien passe par le Sens. Le réductionnisme fait de la forme première la cause de la forme seconde. Le lien entre les versions premières et secondes est un lien de Sens. A ce titre elles sont homologues. On en verra tout l’intérêt.

La conscience mentale de l’expérience sensible. Une expérience commune est celle de l’art où une expérience affective émotionnelle sensible donne lieu à une expression selon des formes que l’artiste associe en re-présentant le Sens de l’expérience affective. Musique, poésie, arts plastiques, peinture, art vivant, etc. expriment le Sens qui est à l’origine celui de l’expérience première affective. Celle-ci n’est pas ainsi la cause directe de l’expression artistique. Le réductionnisme verrai aussi une corrélation directe mathématique quelquefois entre les formes exprimées et l’émotion vécue par ceux qui la reçoivent. C’est toujours le Sens ou esprit qui, à la fois, inspire l’artiste même si l’expérience affective en a été la médiation première et, à la fois, fait écho chez ceux qui l’entendent.

La conscience mentale de l’expérience factuelle. La re-présentation des Sens de l’expérience première factuelle sous le mode formel nous donne la conception d’une science empirique dont se dégageraient des formes explicatives. On comprend le jeu du réductionnisme majeur de notre époque dite moderne. Ce sont les Sens de l’expérience première factuelle qui sont re-exprimés sous le mode mental et non pas le dégagement d’une forme explicative, mathématique par exemple. La conscience mentale des faits et des corps en interaction permet par exemple d’en parler et de le modéliser de multiples façons. L’intérêt essentiel c’est de médiatiser le Sens de l’expérience première sous un autre mode qui s’inscrit dans une re-présentation du monde et aussi de l’existence de chacun. A quoi cela sert-il alors si ce n’est pas pour expliquer les faits. Le Méthodologique de cet Humanisme aura beaucoup à en proposer.

La conscience mentale de l’expérience objective. Le nombre et le chiffre en voilà une illustration. L’expérience première de la distinction et du nombre (dans le ConSensus) est re-présentée selon des formes distinctives et des signes. Les signes de numération et les chiffres en sont des exemples mais aussi bien des figures, mathématiques, par exemple. Le rapport entre l’objectivation distinctive et les re-présentations associées à pu faire attribuer à la conscience formelle un caractère objectif qu’elle n’a pas. C’est la source de bien des erreurs surtout lorsque la prétention universaliste vient se justifier comme vérité objective.

La conscience mentale de l’expérience subjective. Le Sens que présente l’intentionnalité peut être représenté dans des formes qui en expriment la continuité, la logique. C’est la source d’une confusion dans la compréhension du logos. La parole intentionnelle ou la forme re-présentée viennent à la place du Sens qu’il expriment selon leurs registres propres et ici l’expérience première intentionnelle et sa re-présentation formelle. L’expression formelle des intentionnalités humaines alimente théories, philosophies, épistémologies qui apparaissent comme conscience mentale. On aura d’ailleurs à considérer ce qui est re-présentation mentale de l’expérience intentionnelle et la re-présentation mentale seconde de la première venant comme explication logique par exemple. Cet emploi de la logique met à l’envers l’ordre du Sens et ses expressions. La connaissance comme seulement connaissance de quelque chose sans être celle de quelqu’un vient aussi caractériser cette inversion.

La conscience mentale de l’expérience projective. Cette re-présentation formelle de l’expérience projective formule ou formalise, traduit ou exprime le déroulement et le déploiement existentiel de nos vies et celles du monde et de toutes situations. Le réductionnisme viendrait à croire que le dessin formel pourrait être projet qui se réalise ensuite. Le lien entre un déroulement existentiel et sa re-présentation mentale c’est toujours le Sens qui est à leur source en soi dans un conSensus avec d’autres. Ainsi la représentation mentale est celle du Sens que la réalité projective actualisait déjà. L’inverse est possible de la réalité formelle d’un projet qui se re-présente sous le mode projectif d’un développement existentiel. Cela fait partie des usages de la conscience que d’aller de re-présentations en re-présentations. C’est un principe même de l’agir humain.

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