12 412

031 – La conscience symbolique

La conscience existentielle est toujours la conscience de quelque chose dont elle est re-présentation. La conscience symbolique est la conscience du Sens (en conSensus) de quelque chose. Or, le Sens étant constitutif de l’Instance, la conscience de Sens est conscience de soi (et des autres dans le conSensus), conscience de quelqu’un. Pourquoi symbolique ? Si le symbole est ce qui renvoie à un Sens partagé, alors la conscience symbolique cherche dans chaque chose le Sens (en conSensus) qui la sous-tend. Mais la conscience de Sens n’est pas une re-présentation comme l’est la conscience de quelque chose mais une lumière qui éclaire la source en soi de telle ou telle re-présentation. On parlera d’élucidation du Sens de quelque chose, de discernement du Sens dont le seul lieu est en soi en son Instance, transcendante à toute réalité, tout en étant par conSensus en tous ceux qui le partagent. La conscience symbolique est celle de quelque chose, d’une réalité d’expérience humaine mais aussi de toutes ses re-présentations possibles. En effet le Sens est commun à toutes les re-présentations d’une même réalité, à toutes les réalités qui lui sont alors homologues.

Ainsi cette conscience symbolique qui est accès au Sens premier est accès au Sens de tous les homologues possibles, tous les effets de conscience de tous types et aussi bien de réalités à venir, à réaliser. Ainsi en provenant d’un processus d’élucidation du Sens d’une réalité d’expérience humaine ou d’une re-présentation quelconque, conscience de cette réalité, la conscience symbolique va faciliter toute autre re-présentation ou conscience de réalité mais aussi toute autre actualisation ou réalisation à son tour homologue. Ainsi, on le verra, la conscience symbolique est la clé de tout un développement de consciences existentielles mais aussi de réalisations homologues du Sens voulu. L’Humanisme Méthodologique y fonde l’intelligence symbolique et tous les processus de l’agir humain, une véritable ingénierie des affaires humaines.

Il faut maintenant explorer ce qu’est cette conscience et d’abord comment elle se produit.

Il arrive qu’une situation, un problème, une préoccupation se traduise par toute une série de re-présentations, souvent mentales dans nos civilisations modernes mais pas uniquement. Une certaine disposition intérieure de quête laisse venir dans un moment de lâcher prise une compréhension brusque. Tout d’un coup tout s’éclaire, toute une complication de conscience devient simple tout en gardant sa complexité. Mieux cette complexité peut être appréhendée et accompagnée de nouvelles re-présentations encore plus complexes mais toujours dans le déploiement de cette même simplicité. Ces nouvelles re-présentations sont alors disponibles à volonté pour accomplir de nouvelles réalisations sur tous les plans de l’existence. Expressions mentales et formelles, expressions corporelles et matérielles, expressions sensibles et émotionnelles, expressions objectives, subjectives, projectives et tout cela ensemble.

Cette expérience dont des réalités communes sont évoquées ici, est celle d’un éclairage intérieur qui transcende toute expérience existentielle, comme un accès à sa source en nous, source dont coulent «de source» toutes re-présentations nouvelles, comme à volonté. C’est là que la «lumière intérieure» se fait source d’intelligence et de créativité. Tout homme qui fait cette expérience sait que tout un travail l’attend s’il veut en partager les bénéfices avec d’autres, travail de langage, de communication, de partage qui ne va pas seulement de soi puisque c’est de conSensus qu’il s’agit avec d’autres Instances. Ce qui s’est éclairé intérieurement n’est rien de ce qui constitue l’expérience humaine ni quelque conscience ordinaire. C’est le Sens que nous sommes et nous constitue avec d’autres Sens qui se trouve éclairé d’une lumière pas plus visible mais dont les effets d’éclairage sont considérables. Il s’agit là de cette conscience de Sens qui n’est pas conscience de quelque chose mais conscience de quelqu’un de celui en qui cela se produit. Le Sens n’est identifiable que par ses expressions, ses actualisations et ses re-présentations. Si on peut le représenter par un flèche cela n’est qu’une figure évidemment. Il n’y a pas de flèche dans notre Instance mais des dispositions d’être, sources notamment d’intentions, d’aspirations mais aussi de toutes ses réalisations, notamment de conscience, de sciences et d’arts aussi bien. D’où vient cette lumière en nous ? Cela est un autre chapitre qui renvoie à ce que nous avons appelé l’Instant qui n’a pas de nom en propre mais seulement pour nous.

La conscience symbolique est cet éclairage en provenance d’une quête du Sens d’une réalité, d’une situation, de quelque chose de notre existence et dans notre expérience. Le processus d’élucidation du Sens qui n’est pas dans la chose mais en nous commence par une considération de la chose, une façon de mieux la réaliser quelques fois. Dans cette considération c’est une certaine disposition intérieure qui est à rechercher et c’est là un point particulièrement délicat. Dans cette disposition une re-présentation ou une série de re-présentations peuvent être réalisées. Une considération simultanée de toutes ces re-présentations homologues permet d’ajuster la disposition intérieure et quand elle est juste alors la lumière vient. Le paradoxe c’est que cette disposition est une disposition de Sens alors que ce que l’on attend c’est justement une conscience de Sens. La disposition ne peut se faire qu’à l’aveuglette. En fait ce sont les artifices méthodologiques ceux d’une discipline intérieure qui vont le permettre mais aussi et surtout une préparation par le conSensus avec d’autres qui savent trouver la bonne disposition de Sens. Personnes repères, influence du groupe mais aussi mises en conditions favorisantes et bien d’autres mises en situations que nous offre l’existence et notamment l’existence communautaire permettent de faciliter cette mise en disposition nécessaire à la conscience symbolique. On devine qu’il y faut aussi une certaine maturité pour ensuite, depuis sa propre conscience des Sens, aider les autres par un travail de consenSus à cette même élucidation. L’Humanisme Méthodologique y fonde toutes ses pratiques et la conduite des affaires humaines.

La conscience des Sens ou conscience symbolique amène trois types de bénéfices. Le premier celui de la connaissance intime des réalités d’expérience humaine par celle du Sens en soi qui est conscience d’être Sens. Science mais avec conscience. Très souvent des créateurs de connaissances nouvelles ont eu cette expérience qui a été niée par ceux qui l’ignorent surtout enfermés dans quelque réductionnisme. Ils ont témoigné de leur inspirations comme des Newton ou Descartes et bien d‘autres que les réductionismes matérialistes ou rationalistes par exemple ont évacué par impuissance et en définitive par anti humanisme radical.

Le second bénéfice est celui de la liberté de Sens celle de partager ou non un Consensus dans tel ou tel Sens, une liberté de Sens une liberté d’être qui est la liberté proprement humaine. Cette liberté conférée par la conscience de Sens n’a rien à voir avec l’élimination de contraintes extérieures ou une indépendance existentielle fantasmatique. Par contre elle permet de favoriser un Sens et en conséquence les conSensus qui en permettent toutes réalisations toutes re-présentations de conscience. Il est temps de dire que tous les Sens ne se valent pas ou plutôt que certains Sens correspondent à cette disposition source de conscience et de liberté et pas d’autres. C’est là toute la question de l’accomplissement humain et du bien de l’homme. Ce sera l’enjeu de la seconde partie des leçons d’Humanisme Méthodologique.

Le troisième bénéfice est une certaine maîtrise des représentations par le biais des conSensus selon le Sens voulu. C’est toute la conduite des affaires humaines qui est en jeu, affaires personnelles, affaires communes, toujours communautaires par conSensus. Toutes les affaires humaines sans aucune exception peuvent être mises au service de l’accomplissement humain bénéficiant de la maîtrise des uns pour aider à la maîtrise des autres. Maitrises bien relatives et toujours dépendantes des conSensus où elles doivent s’exercer. Ce sera l’enjeu de la troisième partie des leçons d’Humanisme Méthodologique.

Ainsi on en viendra à comprendre comme la réalisation du monde peut viser à la révélation de l’homme et que toutes les oeuvres humaines sont oeuvres de réalisation révélatrices. La révélation de l’homme se produit par la conscience symbolique des réalités, la conscience des Sens et de la transcendance de l’Instance humaine en chacun et en tous.

Share on Facebook
Share it on Viadeo
Share on LinkedIn
Post on Twitter
Google Buzz (aka. Google Reader)

Réagissez

*