10 717

076 – Elucidation des Sens

Elucidation des Sens

Comment parler de Sens à qui n’en a pas conscience et surtout d’être Sens (autre traduction d’esprit) ? Comment indiquer la voie d’accès à une conscience de Sens à qui ne l’a pas déjà trouvée ? Ainsi il faut se tenir dans le Sens de l’accomplissement humain, c’est-à-dire celui de l’élucidation des Sens, pour qu’ils se révèlent à la conscience. Par rapport à nos critères de conscience, même avancés, la conscience de Sens n’est rien. Ainsi le langage n’est pas le Sens et tout ce qui est décrit ou expliqué par son truchement n’est pas le Sens mais il en est l’expression, une actualisation, parmi d’autres homologies possibles. Par exemple je peux vivre une situation et aussi en parler. Ce que j’en dit est homologue à l’expérience vécue si la centration est la même. C’est probable à un moment donné. En fait le Sens, en soi, est bien agissant, tant pour l’expérience vécue que pour le discours tenu. En fait ce n’est pas l’expérience qui produit le discours mais le Sens qui produit les deux, sans que j’en ai conscience. Mais si je m’interroge sur le Sens de l’expérience à quoi me sert le discours sinon à re-présenter ce Sens ou alors l’expérience du Sens. En fait le Sens n’est ni l’expérience ni le discours sur l’expérience mais ce qui, en moi, est la source des deux. Voilà une piste pour trouver le Sens, en avoir une conscience spéciale qui n’est pas la conscience de l’expérience ni du langage mais celle d‘être Sens au travers de l’expérience et du langage. C’est cette découverte, révélation, en soi-même,  qui se produit, qui advient,  par cette considération simultanée de deux re-présentations homologues. Elle est comme une illumination, une lumière intérieure qui de l’intérieur et par ce détour, comprend non seulement les re-présentations en question mais se reconnait comme Sens.

En fait cette expérience beaucoup, sinon tous, l’ont vécue. Mais comme elle n’est pas identifiée par nos communautés de vie nous pouvons en perdre connaissance avec aussi la centration qui l’a permise. Lorsque tout d’un coup, après tout un travail qui paraissait vain ou même en sommeil, une compréhension essentielle apparait comme d‘évidence si bien que tout s’éclaire, même bien au-delà de ce qui avait été cherché. Alors une certaine conscience de Sens s’est produite. Elle n’a pas été produite, elle est venue de par une disposition d’être adéquate. Le travail d’élucidation du Sens consiste effectivement à trouver une disposition intérieure, donc selon un certain Sens, selon laquelle considérer simultanément deux re-présentations homologues, deux réalités homologues. Mais comment s’y prendre s’il faut maitriser le Sens selon lequel se disposer pour accéder à cette conscience du même Sens qui en confère une certaine maîtrise. C’est là que des artifices, des techniques, et surtout une discipline intérieure viennent y répondre. Une image en est celle d‘Ulysse qui devait tirer une flèche au travers de l’âme de 12 haches. C’est l’alignement sur les haches mais en visant leur âme (le trou où s’installe le manche) qui permet cette traversée, traversée de leur réalité matérielle par un flèche, une des figures du Sens). C’est en considérant simultanément (centration) deux ou plusieurs réalités homologues visant au travers de leur réalité même qu’arrive cette élucidation, cette lumière de la conscience du Sens (pas de flèche à voir ni quoi que ce soit d‘autre).

Ainsi la conscience de Sens arrive nous éclaire, grâce à une disposition d’être qui est favorisée par le jeu des homologies. C’est évidemment le rôle du langage si on sait quitter des yeux ses formes pour en scruter le Sens, en nous, le seul lieu ou réside tout Sens celui des mots comme des choses. Des traditions, des constructions culturelles, des disciplines ont cherché à favoriser quelque chose comme cela qui après un travail, une discipline, jouit, dans un lâcher prise de cette conscience d’être Sens. Mille langues l’ont raconté mais rares ceux qui en ont trouvé le Sens confondant discipline et contrainte, signes et Sens.

Or c’est à l’orée d’une civilisation du Sens, de l’homme Sens, qu‘émerge la possibilité d’une appropriation des processus qui permettent l’élucidation des Sens dans tous les domaines de l’existence et à propos de toutes choses. Ainsi dans les communautés de Sens, de conSensus, la poursuite du Sens du bien commun réclame de l’élucider et ce en toutes choses et dans toutes les affaires humaines communautaires. La quête de Sens devient clairement la quête de la conscience de Sens n’ayant pas à quêter ce qui est déjà là, inconscient, mais à en quêter la conscience.

Outre la révélation de notre humanité d’être de Sens, la conscience de Sens va servir à comprendre toute chose, toute situation, tout phénomène, toute expérience, toute re-présentation «sur le fond» (c’est-à-dire sur le fond transcendant en soi constitutif de notre humanité partagée). Elle va servir à discerner la pluralité des Sens de la Cohérence en conSensus et le Sens du bien humain parmi eux. Discerner c’est aussi éclairer les conséquences, ce qui engage la question du choix et de la liberté de choix. A un carrefour de Sens où la lecture des directions permet de choisir celle qui éclaire le carrefour comme ses implications, comment y renoncer même si le choix en est possible; paradoxe apparent de la liberté. Mais ce choix personnel engage le conSensus avec les autres qui ne va plus de soi, par rapport à une situation sous influence. Cela peut conduire à l’extrême, à quitter, une communauté, son conSensus et sa Cohérence pour en chercher une autre ailleurs. Cela peut conduire à subir un dissenssus par rapport au conSensus dominant et le vivre comme une exclusion dont l’histoire montre les extrêmes. Cela peut conduire à assumer une responsabilité de faire évoluer le conSensus en cultivant le Sens choisi, Sens du bien commun. Cela détermine ce qu’est une responsabilité exercée dans une communauté de vie ou d’activité par exemple. Cela permet enfin d’aider ceux qui le cherche à trouver les repères et les artifices pour trouver leur conscience de Sens, même au travers des longs chemins de l’éducation. C’est un rôle de repère accompagnateur qui va se développer dans un âge des communautés de Sens et de l’autonomisation responsable des personnes.

L’élucidation des Sens est une des pratiques majeures de l’intelligence symbolique, une des plus efficiente et des moins lisibles pour la plupart. On en verra différentes méthodes et conditions d’usage et aussi différents moyens d’approche en commençant par l’exercice de différenciation des Sens en soi à partir des cartes de Sens ou cartes de Cohérence (et de cohérences).

Le monde est plein d’homologies, culturelles notamment, qui nous sont données à élucider pour la révélation de l’humanité de l’homme, homologies que nous produisons sans le savoir dans toutes les affaires humaines. Elles servent à l’accomplissement humain si en toutes choses sans exception on cherche en soi le Sens et ainsi le meilleur Sens.

Share on Facebook
Share it on Viadeo
Share on LinkedIn
Post on Twitter
Google Buzz (aka. Google Reader)

Réagissez

*